Toi le patron pourri, tu scléroses ton entreprise

Toi le patron pourri, tu scléroses ton entreprise

Tu es un patron pourri, si si je t’assure et j’en suis même convaincu.
Tu ne cherches qu’une seule chose : à gagner de l’argent, de l’argent et encore de l’argent.

Te voilà à la tête d’une entreprise et tu oublies tout ce que tu étais en temps que salarié(e), si tant est que tu as déjà été salarié.
Tu ne souhaites qu’une seule chose : travailler, travailler et encore travailler.

Tu as tout le bonheur du monde, voyons, tu as créé ton entreprise tu es libre toi, tu peux faire ce que tu veux.
Alors arrête de te plaindre s’il te plaît !

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Le patron, la patronne, des jamais contents

A peine ton entreprise créée, tu commences à te plaindre.

Sur quoi ?
Des taxes trop importantes
Des charges qui t’épuisent et empêchent ta société d’être à son plein potentiel.

Te voilà avec ton premier trimestre de RSI à payer, et tu te plains déjà : c’est trop cher, c’est trop ! RSI voleur !
Tu cherches des excuses, toujours des excuses pour accuser le système : le RSI ne sert à rien, nous devons l’enlever. Il détruit les entreprises ! Facile comme excuse, tu ne trouves pas ?!

Tu es tellement heureux(se) d’avoir ton premier salarié. (Déjà, on se demande pourquoi, pour l’exploiter ?)
Et voilà, tu commences à te plaindre : il te demande un salaire du double voir plus que celui que tu gagnes !
Toi qui ne gagnes même pas un salaire régulier, oh mon pauvre.

Et puis, l’URSSAF, ce maudit URSSAF, te demande de payer les cotisations

Tu commences ta prospection, et ça ne fonctionne pas comme tu veux.
Alors voilà, tu te plains : ta commerciale n’est pas douée, tu aurais du recruter un homme, c’est sûr.
Et puis, les clients, oh ces clients qui ne sont jamais contents ! Tu te plains aussi de tes clients, tu te rends compte !

A croire que tu n’es jamais content ?!

Round 1 – Une recherche d’équité

Je sens une grande animosité qui vit en toi.

Ce que je veux c’est aussi comprendre pourquoi je dois payer autant de charges.
Je souhaite réellement payer des taxes, des impôts. Ils seront utiles pour aider, pour investir dans les écoles, pour aider toutes les entreprises.
Et, pourtant, que dirais-tu si l’on te prenait de l’argent sans te dire pourquoi ?
Imagines ta fiche de paie, sans toutes les lignes qui annoncent pourquoi tu n’as pas l’argent brute, mais le net. Tu appellerais ça du vol, tu ne penses pas ?
Voilà ce que je ressens, voilà ce que je vis quand on me prend autant d’argent.

Et ces charges, pourquoi devraient-elles être si fortes dès le début ? Pourquoi ne pas permettre une phase d’essai ? D’amener un côté progressif ?

Je ne suis jamais content, si tu veux, car je veux améliorer les choses, c’est dans ma nature. Je me plains car je suis convaincu qu’une nouvelle entreprise est possible.

J’ai choisi d’être patron, d’être dirigeant ou dirigeante et pourtant je souhaite avoir, tout comme toi, un moyen de vivre et de vous faire vivre.

Le patron, cet exploiteur

Très bien, très bien, tu viens d’embaucher non ? Tu vas encore chercher à réduire le salaire du nouvel embauché, à ne pas le payer à sa juste valeur. Je ne parle même pas des 20% que tu donnes en moins à tes salariées femmes.
De plus, il est impossible de communiquer avec toi : tu es sûr de tout, et surtout tu n’es pas (plus) dans le même monde que nous !
Le seul moyen de se faire entendre, c’est de faire grève, ou alors de se faire syndiqué pour être protégé.

A la moindre erreur, tu vas chercher à me licencier. Tu n’accepteras pas mes erreurs.
Car oui, tu vas chercher à me licencier, à me virer, à me remplacer par des machines, par des gens plus ou moins compétents que moi.

Et puis je ne parle même pas de cette pression que tu nous mets, elle est tellement forte, regarde le nombre de burn-out qui explose, tout ça c’est bien de ta faute !
Tu cherches à nous exploiter, en oubliant qui nous sommes, en oubliant notre vie personnelle, nos familles.

Dès qu’on souhaite se reposer un peu, faire des pauses, tu nous hurles dessus.
Ton seul but, c’est sur c’est de nous tuer à la tâche ! Tu cherches à nous exploiter !

Round 2 –  Une pression intense

Tu mets le doigt sur de nombreuses attentes que nous avons toutes et tous : améliorer le bien-être en entreprise, améliorer l’envie d’aller travailler dans l’entreprise où l’on est embauché.

Et pourtant créer une entreprise, la faire vivre, et la faire perdurer n’est pas de tout repos.
Je l’ai sans doute choisi, et pourtant je vis une très forte pression. Il ne faut pas croire que tout est simple : l’entrepreneur apprend de ses erreurs lui (elle) aussi.

Tiens, je vais te parler de cette entreprise, elle a commencé à embaucher sans s’inquiéter.
Les projets arrivaient, presqu’à tour de bras. Embauche, sur embauche, l’entreprise était en pleine croissance.

Un nouveau projet arrive, pas le plus gros gagné, mais une belle réussite des commerciaux. Le projet fini, la livraison se passe bien.
La facture est envoyée, un mois à attendre tout au plus et le client devrait payer.
Et là, la facture n’arrive pas. Un mois de plus, des relances en plus, le client ne paie toujours pas.

Qui à ton avis va mal dormir, va commencer à stresser nuit et jour ?

Imagines que l’entreprise souhaite récupérer son argent et demande réparation sur les préjudices subis, et va sans doute demander de l’aide à la justice ?

Imagines que le patron a craint, tous les jours, pour ses salariés, car le paiement de ce projet allait pouvoir permettre de les augmenter.

Bien sûr, tout n’est pas rose, et oui, certains dirigeantes, certains dirigeants commettent des erreurs. Erreurs bien souvent non voulues, et bien souvent non pardonnées, non comprises par les salariés.

Cette pression, accumulée, accompagnée de demandes fortes des salariés, des actionnaires, des clients, avec un travail fort, intense (choisi, et bien souvent par la suite, subi) n’engendre pas du bon. Loin de là !

10 à 20% des entrepreneurs sont touchés eux aussi par le burn-out.

Stop aux préjugés

Un salarié qui est contre un patron, c’est un parti pris. Et pourtant c’est un préjugé.
Arrêtons ces préjugés, arrêtons de croire que le salarié est mauvais, qu’il ne veut que l’argent, qu’il ne veut pas s’investir dans l’entreprise où il est.

Et c’est également vrai envers les patrons, arrêtons de croire qu’ils sont toutes et tous pourris.
Cette image qui nous colle à la peau, nous les patrons, est comme du pétrole qui nous englue, tu cherches à te nettoyer de ça, chaque jour, et on te remet une couche, à chaque fois qu’un patron des grandes entreprises licencie à tour de bras, ou bien se verse des primes exponentielles.

Oui, c’est sûr il existe toujours des dirigeantes et dirigeants qui ne réussissent pas bien dans l’art de manager par exemple. Et souvent, ils s’entêtent à continuer à croire qu’ils vont pouvoir s’améliorer sans aucune aide.
Faut-il qu’ils embauchent un chef de projet, un manager ? C’est sûr ça parait une bonne idée, et pourtant, le coût d’embauche est énorme, et les risques forts pour toute l’entreprise.

Tout n’est pas rose

Il faut arrêter avec ce syndrome du tout blanc ou tout noir. Tout n’est pas rose, tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir.

L’éducation d’aujourd’hui commence à changer, et c’est un vrai plaisir de voir que de plus en plus de jeunes souhaitent entreprendre.

Et pourtant les générations actuelles d’entrepreneurs et de salariés, et celles d’avant, souffrent d’une éducation qui a amené à cette sclérose de la pensée :  les patrons sont méchants, ou alors de l’autre côté, les salariés sont des faignants, qui font tout le temps grève.

Revendiquons le droit à l’erreur, revendiquons l’arrêt du match et des combats entre salariés et patrons.

Pour un climat apaisé, en entreprise, entre les salariés, et entre les salariés et les patrons.

Et vous, vous avez encore cet a-priori ?

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