Requiem pour un bonheur

Requiem pour un bonheur

Ah l’enfance, quels moments magiques nous avons pu passer, tu ne trouves pas ? Si je te demande un premier mot, là tout de suite, pour définir cette période ? C’était le bonheur, n’est-ce pas ?

bonheur enfance

Quelle insouciance, tel un candide nous avons dévoré notre enfance avec plaisir !

Et puis c’est là que tout a commencé à partir en cacahuète.

Savoir dire non, bonjour le je

Tu te rappelles tes premiers non ? A priori, on ne s’en rappelle pas, et pourtant tous les parents nous le diront : l’enfant dit non à longueur de journée ! Rassurons-nous, ça passe .. heureusement !

Hey mais attends, on est sur un blog autour de l’entreprise et il nous parle de bébé et d’enfance, super !

Un peu de patience, un peu de patience …

J’en étais où ? L’enfant construit cet espace qui lui est propre, pour se construire lui.  Il va s’affirmer, et pouvoir enfin dire « je ».

Ce non va lui permettre de dire « je veux » ou « j’aime ça » plutôt que ça.
Stop, on prend une photo :

C’est la naissance d’une des personnes les plus importantes de votre vie : l’orgueil.

naissance de l'orgueil

La photo est prise, tu en penses quoi ?

Et cette personne va devenir soit ton meilleur ami, soit ton pire ennemi.
A priori, à la base, il est là pour te protéger, pour penser d’abord à toi.

Tiens, si je te dis le mot Orgueil, tu penses à quoi ? A priori pas des mots positifs, j’en conviens …

Et pourtant, durant toute ton enfance, l’Orgueil a cherché à te protéger et cherchera toujours à te protéger (c’est que nous verrons par la suite).

Avec la protection de ton être et de qui tu es, tu as toujours cherché à trouver le bonheur, à être heureux-se. C’est même devenu une de tes quêtes majeures.

Tel le Graal pour le Roi Arthur !

La recherche du bonheur

Attends … je te dis d’attendre, je reviens dans deux secondes, je regarde une publicité.
On me donne envie d’acheter un parfum : j’allais être heureux car j’allais trouver l’être aimé grâce au parfum. Un bonheur acheté par un parfum.

Vite, vite j’achète ! Du bonheur, oui, encore du bonheur.

Dis dis, je peux regarder une autre publicité ?
Tiens celle-là, celle qui me propose de ressentir un bonheur intense en partant en voyage et d’être dans un état euphorique car j’ai trouvé un super-hôtel !

C’est bon, j’ai fini, je reviens à toi, lecteur-trice.

Si l’on analyse ces deux publicités, quel constat on a :

  • le bonheur arrive souvent d’une frustration
  • le bonheur est une des valeurs refuges des publicités

Cette frustration nous suit toute notre vie, tu ne penses pas ? Nous avons des publicités pour nous donner envie d’être heureux car nous ne sommes pas heureux, nous n’avons que peu de bonheurs dans nos vies … si l’on en croit les publicitaires.

la frustration, raison du bonheur ?

La quête de ce bonheur en devient une drogue, dont notre dépendance s’amplifie d’année en année, jusqu’à devenir une vraie obsession.

Le TOC de notre vie, c’est la quête du bonheur

Et au travail, ça donne quoi ?

Alors pourquoi je te parle du bonheur, et de l’orgueil ? C’est vrai, je t’ai demandé de patienter et tu l’as fait, je t’en remercie !

Lorsque je te parlais du combat entre salarié et patron dans le monde du travail, je proposais à toutes et tous de sortir le drapeau blanc, d’enterrer cette belle hache de guerre que nous nous étions érigé-e-s.

Et pourtant, il est bien souvent difficile pour un salarié de comprendre un patron, comme il est par moment très déroutant pour un patron de comprendre un salarié, tu ne trouves pas ?!

Le salarié en quête du bonheur

Allez, on enfonce une porte ouverte : seul le salarié recherche le bonheur. Comment ça, tu n’es pas d’accord ?!

Ok ok, nous verrons aussi que c’est aussi le cas du patron : bien entendu !

Un salarié qui arrive dans une entreprise est, j’espère pour lui, heureux de trouver une entreprise qui l’accueille et croit en ses compétences.

C’est même pour certaines et certains, un réel bonheur.
Ils-elles sont heureux-ses et se consacrent totalement à leur travail, sans attendre réellement de retour de leur direction.

Et si le salarié n’est pas content dès le début ?

Très bonne question, Juddit !

En fait, à contrario du premier que je décris, il va entrer en carence de bonheur, dès le début, il va commencer à sentir un manque … la frustration va arriver très rapidement. Et voilà, nous l’avons trouvé, le mal absolu : c’est ce salarié qui ne veut pas être heureux dès le début ! Virons les salariés qui sont comme ça !

Oula oula, calmons-nous, s’il te plaît.

La reconnaissance

Je n’ai pas parlé des salariés qui s’investissent corps et âme dans leur travail. Au bout d’un moment, ils attendent quoi ? De la R-E-C-O-N-N-A-I-S-S-A-N-C-E ! Oui, bien entendu, de la reconnaissance ! Et c’est tout à fait légitime, au vu du travail qu’ils ont abattu, de l’énergie qu’ils ont donnée !

Et par quel premier moyen un salarié pense qu’il sera reconnu ? Argent, oui, c’est bien ça, n’aie pas peur de le dire ! L’argent est la première forme de reconnaissance admise par tous les salariés.

Et pourquoi un salarié souhaite avoir de l’argent ? Pour combler la carence qu’il a lui aussi dans sa bourriche du bonheur.

Passer cette étape de récompense première par l’argent, comment le salarié comble sa recherche du bonheur (ou des bonheurs) ?
Je vais rapidement parler de la pyramide de Maslow, bien connue, et pourtant nous aidant à voir ce que l’on peut attendre après la récompense de l’argent  :

La pyramide décrit le besoin de passer par la sécurité, pour arriver à l’accomplissement de soi, en passant par l’appartenance à un groupe.

Arrivée de la supposition

C’est ici qu’entre en scène un acteur primordial, et pour le moins surprenant : la supposition.

Un salarié qui n’a pas comblé sa frustration va chercher à analyser le pourquoi, va chercher des raisons, qui sont bien souvent … erronées.

Tiens, prenons le cas d’un patron qui va informer ses salariés qu’ils vont devoir travailler tard, voir même le week-end. C’est une information qui arrive comme un cheveu sur une soupe.
Quelle est à ton avis la réaction des salariés ?

  • Oh chouette ! Je ne vais pas voir ma famille ce week-end ! Je préfère travailler tout le week-end pour mon entreprise !
  • Ou bien : mais pour qui il-elle se prend ! J’ai une vie familiale, j’ai des amis !

Le salarié, va alors émettre des hypothèses, sur cette décision, qu’il juge incompréhensible !

On pourra entendre, dans les couloirs des :

Pour qui il se prend ? J’en ai vraiment marre de cette entreprise qui ne pense pas à nous !

ou bien des

Ah super ! Je travaille déjà nuit et jour pour cette entreprise et voilà que je ne peux pas poser mon week-end ! Ah tu vas voir !

ou alors

Bon ok, cette fois-ci, ok, mais on ne sait même pas pourquoi !

Combler son bonheur

Le patron qui ne cherchait qu’une seule chose : combler le bonheur du client, et peut-être, sans doute, combler son bonheur de réussir à combler celui du client, a alors commis plusieurs erreurs (dont je te parlerais tout à l’heure).

Ces mêmes erreurs que le salarié a bien vues, mais n’a pas interprétées comme le patron espérait ! Il a commencé à supposer, à tenter de se mettre à la place du patron, tout en restant à sa place : ce que j’appelle l’empathie orgueilleuse (oui, oui, ça y est je parle enfin de l’orgueil). Je t’en parle tout à l’heure.

Ces suppositions sont saines, quand elles permettent d’évacuer le stress, ou de calmer les esprits. Elles deviennent de vraies causes de problèmes quand le salarié commence à être grave en manque de bonheur !

addiction au bonheur et à l'argent

Hey une minute, je suis salarié, et là, j’ai comme l’impression que le patron a l’air tout gentil avec toi ! Qu’en est-il du patron ?

Le patron, son bonheur, comme un Graal

Le patron a créé son entreprise, à ton avis dans quel but ? Oui, voilà par … Orgueil ? Comment ça : orgueil ?

Donc tu as ce préjugé du patron orgueilleux, qui ne pense qu’à sa poire, et n’en a rien à cirer des ses salariés ? C’est vrai que lorsqu’on commence à faire des recherches sur Internet, l’image du patron est pas jolie, jolie ! Prenons par exemple cet article pour aider les salariés qui ont un patron de mauvaise foi.

Ne serait-ce pas là aussi de la supposition ? Voir même de la supposite, une grave maladie en entreprise ?

Le patron, tout comme le salarié est aussi à la recherche du bonheur. La construction de son entreprise cache une grande recherche de bonheur, cela en est presque maladif.

Il souhaite atteindre un but qu’il idéalise le plus souvent. Combler de vider dans sa bourriche du bonheur va le rendre addictif à toutes les étapes du succès, tous les indicateurs de réussite, pour … ressentir un état de béatification tel le roi Arthur arrivant enfin à trouver le Graal.

Le patron orgueilleux

Imaginez la satisfaction que peut ressentir un patron lorsqu’il crée son entreprise.

C’est moi qui la fait, et pas un autre.

L’orgueil qui se développe depuis l’enfant va être encore plus fort chez la patron, et va chercher à le récompenser de cette victoire !

Et plus l’entreprise avance, plus le patron devient heureux de ce qu’il fait : son bébé, ce qu’il a construit prend vit, et grandit devant ses yeux !

Hey ohhh et sans les salariés, le patron n’est pas grand chose hein !

Et je suis tout à fait d’accord avec toi ! Et pourtant, il ne faut pas oublier que c’est son bébé : l’orgueil va l’empêcher de penser à autre chose.

Shooté à ce bonheur de la création, chaque problème va devenir une grande et forte frustration !

Comment çà, moi qui ai créé cette beauté, je rencontre des problèmes !

Chaque action qui découlera des frustrations sera la conséquence de son état de drogué du bonheur.

Les clefs pour s’en sortir

Ne cherchons pas ici à savoir qui est le plus drogué des deux : le salarié ou le patron. Je pense réellement que les deux sont shootés au bonheur et vivent de petites et grandes frustrations qu’ils-elles chercheront toujours à combler pour atteindre le bonheur tant recherché.

Alors comment deux frustrés, shootés au bonheur, vont-ils pouvoir s’entendre ?

Avant de passer par un grand changement, nous pouvons peut-être commencer par utiliser la communication ?

problème de la communication

Bien communiquer en entreprise

Pour bien communiquer, il faut déjà commencer par communiquer. Et oui, ça paraît simple, et pourtant, c’est souvent oublié !

Avant d’agir, on peut se dire que l’autre souhaite savoir pourquoi l’on va agir.

Si un but, une raison sont donnés, il est plus facile de comprendre et surtout d’accepter la décision de l’autre.

Les décisions des patrons sont souvent jugées comme non comprises par les salariés, car bien souvent les patrons ont oublié de partager les raisons de leur décision, la vision et l’objectif à atteindre.

La vision et les objectifs définis

Bien définir ses objectifs, pour bien les annoncer, qu’on soit salarié ou patron, va permettre d’accepter la frustration, pour avoir un bonheur supérieur au bonheur immédiat.

Un salarié, comme un patron, va alors apprendre à l’enfant qui est en lui, à l’orgueil qui veut le surdimensionner, à accepter de patienter, à investir pour avoir une plus belle récompense.

C’est sans doute l’une des clefs pour nous entendre entre frustrés que nous sommes, tu ne trouves pas ?

Voir en l’autre une aide au bonheur

Et si l’on se disait que l’autre peut nous aider à être heureux, à combler le bonheur qui nous manque ?

Peut-être que le bonheur sera encore plus fort en travaillant ensemble ?

L’autre n’est pas celui qui va nous empêcher d’avoir du bonheur, l’autre peut être vu comme celui qui nous apportera du bonheur, en travaillant ensemble, en échangeant, et en décidant ensemble.

Passer de l’empathie orgueilleuse à l’empathie réelle ?

L’empathie orgueilleuse, c’est croire que l’on comprend l’autre en laissant son orgueil nous certifier nos suppositions.

Une réelle empathie est-elle alors possible ?

Des travaux autour de la Communication Non Violente sont-ils intéressants pour des frustrés que nous sommes ?

C’est un travail long, vécu comme un sevrage pour les personnes qui arrivent à utiliser la CNV.

Le sevrage au bonheur, étape ultime ?

Vouloir se sevrer, c’est ne plus être dépendant du bonheur, savoir le maîtriser.

Se sevrer c’est aussi passer des étapes difficiles, douloureuses de remise en question, pour enfin vivre bien toutes et tous ensemble ?

Souffrir pour trouver le bonheur autrement, sereinement ?

 

Et toi, tu trouves comment le bonheur en entreprise ?

 

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